On a testé pour vous… La randonnée du Mont Mou’a Puta

Lacez vos chaussures, mettez votre sac à dos, c’est parti !

Je me retiendrai de vous raconter la légende de la montagne percée, je serais capable de tout mélanger, mais je crois savoir qu’il est question d’une lance… C’est peut être juste pour moi, mais la montagne percée est synonyme de weekends de farniente réussis. Premièrement, ça veut dire weekend à Moorea, ça fait toujours un peu “vacances”. Ensuite, si vous voyez le trou, c’est que le temps le permet et qu’il y a de fortes chances pour que les deux jours sur Moorea soient ensoleillés ! Mais pas aujourd’hui. Le programme cette fois c’est d’aller voir là-haut ce qui se passe.

Une randonnée à Moorea commence toujours par un réveil aux aurores à Tahiti. Il n’est pas question de manquer le premier ferry, il est effectivement plus agréable de marcher en matinée quand le soleil ne vous accable pas trop. Réveil à 5h donc, préparation de casse-croûte, remplissage des bouteilles d’eau et direction la gare maritime. Arrivée vers 8h sur Moorea (après avoir bien scruté la montagne sur le dernier quart d’heure de traversée), je récupère mon compagnon de marche et direction le départ de la randonnée. Les différentes informations glanées çà et là nous permettent de trouver ce départ sans souci, c’est parfois plus compliqué.

La marche commence gentiment par un sentier en pente douce qui permettra à ceux mal réveillés de se dégourdir les jambes avant les portions plus ‘sportives’. Au bout de vingt minutes, il faut quitter le sentier principal, qui permet si on continue d’atteindre une belle cascade. On descend alors dans la forêt, on s’éloigne de la petite rivière que l’on longeait jusque-là et ça commence à grimper sérieusement. Ce n’est pas très long, mais c’est raide ! Heureusement que nous sommes bien à l’ombre car on prend rapidement chaud. Au bout de 30 minutes de montée, on tombe sur un petit panneau qui nous indique que nous sommes sur le bon chemin. C’est rassurant, même s’il est difficile de se perdre quand il n’y a qu’une route. La pente se fait moins raide et on marche jusqu’à rejoindre le haut de la cascade. Ce n’est cependant pas comme à la Fautaua, on ne devine la cascade que par le bruit qu’elle fait et il n’y pas de toboggan cette fois. S’en suit alors une heure environ de remontée de rivière. C’est particulièrement agréable de retrouver un peu de fraîcheur après la montée. Il y a bien quelques passages avec corde, mais rien de bien méchant. Profitez donc de cette portion pour reprendre votre souffle, la suite se complique un peu.

Au bout d’une heure, on quitte la rivière et les choses sérieuses commencent (ou le fun commence, question de point de vue). On se retrouve pour la première fois depuis le départ à découvert. La vue est immédiatement saisissante, on voit déjà des deux côtés de l’île ! Ceux qui n’ont pas le vertige seront aux anges, les autres n’ont plus qu’à regarder leurs pieds jusqu’au sommet… Cette dernière section est la plus sportive. Beaucoup de passages de cordes, mais vous pouvez vous rassurer en vous disant que monter avec les bras permet de reposer les jambes. Le terrain est parfois un peu glissant, les prises manquent quelques fois, il vaut mieux rester vigilant. C’est parfois compliqué tellement la vue est belle, tantôt on voit Vaiare et Afareaitu, tantôt le Rotui et les baies de Cook et d’Opunohu. “Attends j’aimerai bien prendre une photo.” Voilà la meilleure excuse pour faire une pause sans avoir besoin de le dire ! Le sommet n’est plus très loin et assez rapidement on aperçoit même le trou. C’est particulièrement motivant car il est presque à portée de main, et même si on commence à fatiguer et à chauffer, on se dit qu’on y est presque. Une dernière corde, la plus dure, et on est au sommet !

Cependant il est possible de continuer encore un petit peu, juste une vingtaine de mètres supplémentaires pour aller s’asseoir sur un bout de rocher posé sur la crête. On se retrouve face au Rotui et à la baie de Cook, les pieds au-dessus de quelques centaines de mètres de vide. C’est grisant. Le vent se lève, apporte quelques nuages qui cachent tant bien que mal le vide.

La récompense est immédiate : une vue à 360° sur l’île de Moorea. Le Tohiea au sud, le Rotui et les deux baies à l’ouest, Vaiare (et un tout petit ferry) et Tahiti à l’est. Le Mouaputa n’est qu’à 830m d’altitude, les nuages passent au-dessus pour le moment, la vue est parfaitement dégagée. Ca ne dure jamais vraiment donc on en profite au maximum. De retour sur la plateforme du sommet, il est temps d’ouvrir nos canettes bleues et argent, et même si après un peu plus de 2h30 de marche elles sont un peu chaudes, elles ont malgré tout un bon goût de victoire ! Après un picnic bien mérité et avoir fait autant de photos que possible, il faut songer à la descente. Après tout, on n’est qu’à la moitié du chemin. La descente est beaucoup moins physique, forcément, elle n’en reste pas moins difficile. Les nuages ont humidifié un peu le terrain, suffisamment pour que ça glisse et complique les choses. Malgré la fatigue, il faut rester vigilant, et s’il faut descendre sur les fesses, ce n’est pas grave. Une fois la rivière rejointe tout est beaucoup plus simple et la marche se termine comme une balade de santé. Vous pouvez profiter de la rivière pour vous rincer les jambes, vous rafraîchir un peu. Après 2h de descente environ, on retrouve la voiture. Il est encore tôt, je ne manquerai pas le ferry de 16h15, c’est plutôt une bonne nouvelle ! Sur le ferry du retour, je laisse le Mouaputa derrière moi en me disant que la prochaine fois que je le verrai, il y aura plus que les souvenirs de weekend tranquilles…

 

Source: Aremiti Magazine