Titarii vous dévoile sa recette du po’e hi’o !

Un goût et une texture inoubliables, le po’e fait partie des mets incontournables de Polynésie.
Mélange d’amidon, de fruits locaux, de sucre roux et de vanille bien sûr, il ravira vos papilles.

A la papaye, à la banane, à la citrouille, au manioc…et même à l’eau de coco, il en existe une multitude de variétés. Elément indispensable au succès d’un vrai ma’a tahiti, le po’e nécessite une préparation pour le moins originale. Bien qu’il soit aujourd’hui souvent cuit au four, d’irréductibles ta’ata veillent à perpétuer la tradition en continuant à déposer le mélange sur des pierres chaudes et à l’enfouir sous des feuilles de bananiers. Ereintant mais divertissant, ce procédé est aujourd’hui encore souvent utilisé chez l’habitant à l’occasion de cérémonies religieuses, d’anniversaires ou de mariages.

Concernant le po’e hi’o, principal sujet de notre recette, il est préparé bien différemment. Essentiellement constitué d’eau de coco, il nécessite plus d’une heure de préparation. « N’a pas travail manger cailloux » comme le dit la célèbre comptine locale et c’est bien de cailloux dont il est ici question puisqu’il faut intégrer des pierres chaudes à la préparation.

Ingrédients :

Pour cette recette, vous aurez besoin de cocos bien frais et bien remplis, d’amidon, de sucre roux, de vanille et de lait de coco.
Ne vous inquiétez pas, si vous n’êtes pas habitué au « dosage à l’œil », nous vous avons noté les quantités juste en-dessous :

  • 700 ml d’eau de coco
  • 350 g d’amidon
  • 300 g de sucre roux
  • 50 à 100 ml de lait de coco selon votre convenance
  • Une gousse de vanille de Taha’a

Préparation :

Concernant sa cuisson atypique, vous aurez besoin d’un grand saladier, d’une grande spatule en bois et bien sûr de 3 à 4 pierres chaudes.

Avant de commencer le mélange, il faut donc veiller à chauffer les pierres à la braise. Votre voisin organise un barbecue ? Parfait, vous amenez le dessert ! Commencez par déposer les pierres sur un feu de bois afin qu’elles soient bien chaudes en temps voulu.
Pendant ce temps, mélangez tous les ingrédients dans un grand saladier et versez le tout dans une grande marmite. Munissez-vous d’une spatule en bois et malaxez le tout (avec amour) pendant une heure pour éviter que ne se forment des grumeaux. Au fur et à mesure, le mélange devrait prendre une jolie couleur caramélisée tandis que les pierres rougissent sous l’effet de la chaleur.
Place au moment tant attendu ! Il est enfin temps d’intégrer les pierres chaudes au mélange…

En prêtant attention à ne pas vous brûler, saisissez-en quatre ou cinq que vous intégrez à la préparation, veillez à ce qu’elles soient bien au contact du po’e.

Laissez le tout reposer pendant environ trente minutes et retirez les pierres délicatement.

Passons à présent à une étape décisive, la fabrication du lait de coco ! Pour faire un bon lait de coco, il faut amour et patience…

– Première étape : Tout d’abord, il faut aller cueillir le coco, qui, sans mentir est souvent perché au sommet d’un cocotier. J’espère que vous aimez crapahuter, autrement vous pouvez toujours filer en douce au marché…

– Deuxième étape : Une fois le coco en main, il faut le décortiquer.
En Polynésie, on utilise ce que l’on appelle un « ‘o » c’est une sorte de long bâton en fer muni d’une lame que l’on enfonce dans le sol pour pouvoir créer une certaine résistance au moment de planter le coco dessus. On l’embroche à plusieurs reprises jusqu’à retirer l’intégralité de la bourre de coco. Certaines personnes excellent dans ce domaine et parviennent à la décortiquer en quelques secondes à peine.

– Troisième étape : Si vous êtes arrivés jusque-là, félicitations, vous avez à présent une NOIX de coco ! Il faut à présent la couper en deux à l’aide d’une machette (ou d’un « coupe-coupe » comme on dit ici) et la vider, car elle doit être remplie d’eau.
…Le plus dur est passé…

– Quatrième étape : Maintenant, il faut râper la chair blanche du coco à l’aide d’une râpe manuelle ou électrique. Vous obtiendrez comme des petits copaux, goûtez-y, c’est excellent.

– Et enfin ! La cinquième étape : Il ne reste qu’à presser…
Au dessus d’un saladier, à l’aide d’un pahi’i (tissu ou chiffon utilisé à Tahiti et ses îles) pressez le coco râpé. De là, un liquide blanc s’écoulera, c’est le précieux lait de coco !
Bravo, vous l’avez fait !

Placez le po’e dans un saladier plat, découpez-le en morceaux et ajoutez le succulent lait de coco tout juste pressé. Et n’oubliez pas, un po’e sans lait de coco…ce n’est pas un po’e.

C’est prêt ! Il est enfin temps de goûter. A déguster tiède entouré de convives… ou seul !