Au moment où les premières gelées touchent l’hémisphère nord, la Polynésie célèbre et chante l’abondance et la fertilité. Comme une invitation… Contempler le ciel austral, voir apparaître les Pléiades à l’horizon et convoquer ses traditions les plus ancestrales, ancrées dans la nature et son respect le plus pur. Célébrer le printemps qui point. Chaque année, le 20 novembre marque donc l’entrée de Tahiti et ses îles dans la saison de l’abondance et les célébrations du Matari’i i ni’a qui l’accompagnent (littéralement : le lever des Pléiades). Une occasion rêvée pour le voyageur de découvrir ce que la Polynésie française a de plus secret et de plus authentique.
Depuis 2025, suivant une dynamique initiée en Nouvelle-Zélande par le « Matariki », l’entrée dans la saison de l’abondance a été érigée au rang de fête « nationale » et même consacrée par un jour férié. Un signal d’une force extraordinaire de révérence à la nature et de retour aux traditions, en des temps où les satellites éblouissent plus que les constellations et où les regards se détournent des cycles de la nature… Matari’i ni’a s’est imposée comme la célébration d’une nature généreuse et magnifique et, au-delà, de la culture maohi.
Le front de mer de Papeete noir de monde, coloré de milliers de danseurs et plusieurs dizaines de chars recouverts d’opuhi, d’oiseaux de paradis et de ni’au (tressages traditionnels en palmes de cocotier). Le 20 novembre, la ville toute entière, à l’image des 5 archipels invités à célébrer le retour des Pléiades dans le ciel polynésien, s’est mise au diapason : les chants et les to’ere, les puissantes percussions traditionnelles, résonnent sur tout le boulevard Pomare. Moment de liesse sincère et intense, autour de la célébration de l’abondance et de la fertilité et de son hymne… [vidéo]
Matarii i ni'a ē // Voici le lever des Pléiades
Te reva o te tau é (Te reva o te tau 'auhune ē) // C'est le temps de l'abondance
'Auhune i te moana uri pa'o é // La mer est généreuse
Horohoro o te i'a ē // Il y a du poisson partout
Matari 1i ni'a ē // Voici le lever des Pléiades
'Auhune te fenua é ('Auhune te fenua mã' ohi ē) // La terre est en abondance
'Ua fana'o ho'i te nuna'a é // Le peuple maohi en bénéficie
'Ua ora tatou é // Nous allons pouvoir vivre, subvenir à nos besoins
Oui, là où le commun des mortels ne se console pas de la saison des pluies qui point, la tradition polynésienne préfère fêter les faa’apu (la plantation vivrière) et les uru (l’arbre à pain) qui donnent à foison et les filets de pêche généreusement gonflés ! Après des mois de disette (Tau o’e en tahitien) vient le temps de l’abondance et de la fertilité, au rendez-vous d’un peuple qui perpétue la connaissance des astres et redonne aux cycles de la nature leur sacralité oubliée.
La réappropriation par les Polynésiens de la culture maohi ne date pas d’hier et l’engouement suscité depuis plusieurs décennies par le Heiva, le grand festival de danse du mois de juillet, l’illustre magnifiquement. Mais le processus est très récent à l’échelle de l’histoire de la Polynésie, celle-ci ayant été largement façonnée par plus deux siècles de présence occidentale. Avec les célébrations en grandes pompes de Matari’i i ni’a, depuis 2025, c’est avec une vigueur nouvelle que les Polynésiens se retrouvent autour de l’identité commune maohi et de ses coutumes et croyances ancestrales.
Une tendance qui se confirme aussi dans le domaine du tourisme, avec une reconnexion récente et salutaire aux racines et qui consacre enfin l’histoire pré-européenne. Inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO du grand mara’e de Taputapuatea en 2017, renaissance de la navigation en pirogue à voile, succès extraordinaire du Matavaa Henua Enana, le festival des arts marquisiens… tout indique que la culture maohi, elle aussi, vit un printemps vigoureux.
Chez Moana Voyages, grâce à une équipe 100% locale, on s’inscrit pleinement dans cette dynamique, pour que chacun de nos séjours sur mesure permette cette découverte. Et cette rencontre. Et on ne peut que vous inviter vivement à découvrir l’authentique mana de la Polynésie autour des célébrations de Matari’i i ni’a.