Caroline vous dévoile le secret d’un dimanche réussi…

Haere mai, café ! On est dimanche matin, vous ne croyez tout de même pas faire la grasse matinée ? C’est le seul jour de la semaine où il est socialement acceptable de s’enfiler quatre firi firi à la suite…
En Polynésie, ce petit déjeuner est une institution, on n’y dérogerait pour rien au monde.

Tête de Mahi mahi, pieds de porc, beignets de ina’a, vana pour les plus motivés, duo samoussas et nems du « magasin bleu » pour d’autres. Chacun est prêt à se lever aux aurores pour être certain de revenir les mains pleines.
Allez, grimpez dans mon pick-up, je vous emmène au marché de Papeete. 4h et déjà la foule se presse, sillonne entre les stands pour attraper la dernière bouteille de taioro, choisir un bon poisson fraîchement pêché du lagon, ramasser quelques chao pao bien chauds et se ruer sur les barquettes de poisson cru. Ici, tout le monde sait qu’à 6h il est déjà trop tard… On est prêts à faire des kilomètres pour quelques grammes de pua’a rôti.

Mais on ne va pas se mentir, la vedette du week-end reste incontestablement le firi firi, ce petit beignet en forme de huit incontournable… Avec sa peau dorée, sa texture molletonnée et son irrésistible parfum, il vous sera difficile d’y résister, d’autant qu’il se cache un peu partout ! Sur les étals des marchands, dans les commerces de proximité, en bord de route, il vous suffit de suivre l’odeur.

Aussi, il est vrai que, malheureusement, vous aurez du mal à en trouver chez l’épicier du coin en métropole, c’est pourquoi nous allons vous révéler la recette d’un dimanche matin qui commence bien !

Pour obtenir ce petit goût de paradis, il vous faudra :

  • 350 g de farine
  • 100 g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 7 g de levure boulangère
  • 80 ml d’eau tiède
  • 200 ml de lait coco
  • De l’huile végétale

Comme d’habitude, commencez par vous mettre pieds nus, enfiler un pareo et vous parfumer de quelques gouttes de monoi – ça ne changera pas le goût mais ça aura le mérite de vous mettre dans l’ambiance. Ensuite, pour le fond sonore je vous laisse décider, selon que vous soyez plus branché Manahune, Pepena, Esther ou Gabilou…

A présent, vous pouvez commencer par dissoudre la levure dans de l’eau tiède, ajoutez une cuillère à soupe de sucre, mélangez puis laissez la levure reposer jusqu’à obtention d’une consistance mousseuse. Incorporez la farine, le sucre, l’eau et le lait de coco, saupoudrez le tout d’une pincée de sel et mélangez. Couvrez le saladier et laissez reposer la pâte pendant trois heures. Bon ici, on vous aurait bien dit de la laisser sur la terrasse mais, en fonction de votre région, rapprochez-vous du radiateur à mesure que vous vous éloignez de l’Equateur…

*** Petit interlude musical ***

Ding ! C’est l’heure, en attendant que votre huile atteigne 170°, munissez-vous d’une poche à douille, coupez l’extrémité pour obtenir un diamètre de 5cm et ensuite, c’est comme au Tiurai ! Je suis sûre que vous avez déjà vu comment préparer des churros à la fête foraine. C’est la même chose, sauf qu’il vous faudra former un huit avec la pâte avant de la plonger dans l’huile. Profitez-en pour réviser les bases du Ori Tahiti en reproduisant le Varu avec les hanches…

Disposez à présent vos petits huit sur une plaque de papier absorbant pour éliminer l’excédant d’huile et saupoudrez le tout de sucre.

On me dit dans l’oreillette que vos conseillères de Moana Voyages aiment particulièrement quand le marchand propose ses variantes à la vanille et à la cannelle au bureau…

Passons à présent à une étape décisive, la fabrication du lait de coco! Pour faire un bon lait de coco, il faut amour et patience…

Première étape : Tout d’abord, il faut aller cueillir le coco, qui, sans mentir est souvent perché au sommet d’un cocotier. J’espère que vous aimez crapahuter, autrement vous pouvez toujours filer en douce au marché…

Maintenant que vous avez la base de votre brunch, il vous faut trouver un équivalent à la tartine de beurre en la présence du bien nommé « pain coco ».

Pour concocter la parfaite petite bouchée d’onctuosité, il vous faudra :

  • 250 g de farine de blé
  • 1 sachet de levure à brioche
  • 50 ml d’eau tiède
  • 100 ml de lait de coco
  • 35 g de sucre
  • Beurre pour le moule
  • Pour la dorure : 1 jaune d’œuf délayé dans 1 cuillère à soupe de lait de coco

Ne commencez pas à grignoter les firi firi pendant que vous êtes en cuisine… Dans une terrine, mélangez la farine et la levure. Ajoutez le sel, le sucre puis incorporez le lait de coco et l’eau tiède progressivement jusqu’à ce que la mixture devienne lisse.

Disposez un peu de farine sur votre plan de travail puis pétrissez la pâte pendant 10min, allez disons quatre chansons…

Formez une boule que vous disposez dans votre plat et recouvrez d’un torchon, encore une fois c’est toujours mieux dans un endroit tiède et humide.

*** Nouvel interlude musical / Session Zoom de Ori Tahiti ***

Après avoir laissé la pâte reposer durant deux bonnes heures, vous pouvez à nouveau la pétrir et la disposer dans un moule préalablement beurré et fariné. Là encore il vous faudra faire preuve de patience, peut-être que vous avez le droit de manger un firi firi finalement. Attendez encore 2h jusqu’à ce que la pâte atteigne les bords du moule.

Préchauffez le four à 190°C (th.6/7), badigeonnez la pâte du mélange jaune d’œuf / lait de coco et, une fois que votre pain coco commence à dorer, vérifiez la cuisson à l’aide d’un couteau.

J’espère que vos invités sont là, c’est enfin prêt… Tama’a maita’i !