Caroline a testé pour vous… un séjour à Fakarava !

Pareo ? Check. Crème solaire ? Check. Sourire aux lèvres ? Check. Masque homologué covid-19 ? Ah oui, il est là…

En cette période un peu spéciale, j’ai décidé d’appliquer les règles de distanciation sociale en partant m’exiler quatre jours dans l’archipel des Tuamotu, rien de tel qu’une plage sauvage et une armée de cocotiers pour respecter les gestes barrières.

La Douceur de Vivre des Tuamotu

De tous les atolls qui constellent le Pacifique, c’est à Fakarava que j’ai choisi de prendre un bol d’air iodé, agrémenté de vitamine D. Savates aux pieds, Thierry nous attend à la sortie de l’aéroport et nous emmène à 8km de là, dans la charmante pension de Veke Veke. Situé en bord de plage, notre bungalow donne sur le coucher de soleil et offre un délicieux refuge tropical aux âmes citadines.
Tout juste arrivées, nous décidons d’enfiler notre plus beau maillot et d’enfourcher les bicyclettes situées sous le fare pote’e juste à côté. Dans notre petit panier, du monoi, un peu de liquide et une bouteille d’eau, la parfaite panoplie de toute aoûtienne qui se respecte…

Fakarava a la rare chance de disposer d’une vaste piste goudronnée qui s’étend sur plusieurs kilomètres, on la surnomme la « route Chirac ». Conçue à l’occasion de la venue de l’ancien président, elle n’aura malheureusement pas pu être inaugurée par ce dernier qui n’a jamais mis les pieds sur l’île… Malgré tout, les habitants sont ravis de pouvoir circuler sur l’asphalte et les cyclistes improvisés aussi !

Cheveux au vent, la délicate odeur des fleurs de tiare, le soleil qui tape au creux du dos, quelques gouttes de sueur qui perlent sur le front, le sable qui fouette les mollets, qu’il est agréable de se sentir en vacances… 4km de ligne droite et pourtant, on en vient à savourer chaque instant, à se délecter de cette monotonie, emportées par cette sensation de liberté qui effleure la peau et ébouriffe la chevelure. On s’imprègne nécessairement toujours de l’endroit où l’on met les pieds et cette langueur insulaire pourtant inaccoutumée nous est tout à coup familière.
On prend le temps, le temps d’amorcer chaque coup de pédale, le temps de contempler chaque fare, chaque jardin, le temps de s’arrêter pour dire bonjour à… un petit chien ?! Oui, Fakarava est habitée par de nombreux compagnons à quatre pattes qui aiment prendre le soleil en bord de route et vous accompagner sur quelques mètres. Il faut dire qu’un vendredi, à l’heure de la sieste, le moindre passage est source de divertissement.

Escortées jusqu’aux abords de Rotoava, nous nous arrêtons au magasin, « celui où on trouve la bière », comme aiment le préciser les habitants. Puis, nous rentrons au bungalow pour déguster un verre de vin blanc sur la terrasse. La vie des îles vous dote parfois d’une ingéniosité insoupçonnée, comme quand vous enveloppez votre bouteille d’un pareo trempé dans le lagon pour la conserver au frais… Ne me remerciez pas.

Des Plaisirs simples…

Tartare de thon, taro pané, quatre-quarts à la confiture de goyave, une chose est sûre, Fakarava ne connaît pas la pénurie de beurre mais tout est tellement bon. Les petits plaisirs sont souvent les plus simples. A Veke Veke, le dîner est servi à 19h et, croyez-moi, c’est un rendez-vous que vous ne manqueriez sous aucun prétexte.

Même joueur joue encore. Toujours pas fiu de pédaler, nous nous sommes rendues le lendemain à l’ancien phare de Topaka sur nos beach bikes flamboyants. C’est charmant, un style aztèque dans une ambiance Jurassic Park. Si vous gérez bien votre timing, peut-être aurez-vous la chance de le voir entouré de son joli halo lumineux. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour prendre quelques photos du village, cueillir quelques fleurs de bougainvillier et visiter la coquette église Jean de la Croix.

Après un déjeuner ensoleillé en bord de lagon au snack Kori Kori, nous regagnons notre transat. Le clapotis des vagues, le sable qui roule entre les orteils, le chant des oiseaux, si vous aimez la tranquillité, vous tomberez sous le charme de Fakarava. Je vous dis ça parce qu’une fois les pieds dans l’eau, j’ai eu la surprise de découvrir que je n’avais pas de réseau… Vous serez donc déconnecté au sens propre mais connecté à l’essentiel…

Les Sables roses de Fakarava

Dimanche, comme dans tous les archipels, c’est le jour du firi firi ! Comme depuis notre arrivée, nous préparons notre petite tartine de beurre et de Kiri et savourons une viennoiserie avec un peu de confiture sauf qu’aujourd’hui il y a des beignets maison et… du korori !

Rassasiées, nous embarquons pour une traversée d’une heure trente, direction la passe sud. Après avoir longé la côte, esquivé les gros nuages, contourné les patates inopportunes, c’est l’heure d’enfiler notre plus beau ciré jaune pour prendre une petite douche tropicale – mention spéciale si vous êtes à l’avant du bateau. Ses péripéties ne rendent la balade que plus ludique et, après avoir ôté notre capuche, nous découvrons une splendide frange de cocotiers irradiée d’un soleil rayonnant.

Un coco frais à la main, nous débarquons sur les célèbres plages de sable rose tandis que notre capitaine part pêcher notre déjeuner à l’aide de son harpon. Des eaux cristallines, du sable fin, des îlots délicatement déposés au milieu de nulle part, impossible de renoncer à l’envie d’immortaliser ce moment. Après avoir longuement barboté, nous nous rendons au village de Tetamanu pour goûter à ces poissons perroquet tout juste pêchés. Du pain coco, quelques merguez et du riz et nous voilà à chercher un coin ombragé où déjeuner.

Puis, vient l’heure d’enfiler palmes, masque et tuba et de se laisser porter par le courant pour une session snorkeling dérivante dans la passe Tumakohua. Cette petite pause rafraîchissante nous donne l’occasion d’admirer les coraux mauves derrière lesquels se trémoussent des bancs de poissons multicolores : des napoléons, des perroquets, des poissons chirurgiens, et quand on regarde un peu plus bas; on découvre un impressionnant tapis de requins gris.

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Un dernier poisson cru au lait de coco, quelques pages de lecture sur le ponton, un dernier regard en direction du lagon puis c’est déjà l’heure de boucler nos valises. De ce séjour, je retiendrai la chaleur du soleil sur ma peau, le goût du sel au sortir de l’eau, l’odeur du poisson fraîchement pêché, la tranquillité ambiante et la bienveillance des Paumotu.