Les Chanteurs polynésiens

La musique, élément indissociable du quotidien !

Depuis notre plus tendre enfance, nous sommes bercés au son des ukulele. Je ne me souviens pas avoir un jour foulé le sol de mon fare sans que retentisse la musique du fin fond de la cuisine, émanant de notre petit poste radio. Et bien que nous soyons très friands de musique locale dans la famille, nous sommes pour la diversité. Aussi, il n’est pas rare d’entendre des sons reggae, de vieilles chansons françaises, des balades hawaïennes ou même des musiques pop dans la rue. La Polynésie est amoureuse de musique et cette dernière le lui rend bien. Ancrée dans les mœurs, elle constitue un véritable mode de communication, en ce qu’elle sert d’abord et avant tout à véhiculer un message. Si le rythme est entrainant, le tempo saccadé ; les paroles, elles, abordent souvent quelques thèmes phares, à l’instar de notre amour pour nos traditions et notre culture, notre attachement à la terre ou les aléas de la vie.

Nous vous avons préparé une petite sélection des chanteurs polynésiens qui ont touché nos cœurs et gravé les esprits. Auteurs, compositeurs, interprètes, ces personnages hauts en couleurs ont marqué toute une génération et leurs œuvres font aujourd’hui l’objet de nombreuses reprises.

 

Angelo, la base de la musique tahitienne

Chanteur, guitariste, auteur et compositeur, Angelo est né en 1959 à Raiatea, au sein de l’archipel de la Société. A l’âge de huit ans, il baigne déjà dans la musique et participe à divers concours de chants dont il ressort souvent vainqueur. Aujourd’hui encore très populaire, il est particulièrement apprécié des Tahitiens et détient un répertoire impressionnant. Il sort son premier album en 1984, à l’âge de 25 ans et écrit et compose la majeure partie des chansons qu’il interprète. Aussi, s’il aborde de nombreux sujets, ses domaines de prédilection restent l’amour, la fraternité, la protection de notre fenua et la préservation de l’environnement. Il cumule à ce jour plus de deux cent chansons issues de seize albums sortis en solo et quatre en duo.

Si nous ne devions retenir que quelques titres, l’on pourrait citer Hoho’a (1995), Varua Maohi (2000) ou encore Ia Papai Hia (2012).

La célèbre famille Laughlin

Né en 1971 à Papeete, Tapuarii Laughlin, surnommé Tapu, a grandi au sein d’une famille de musiciens. Issu d’une fratrie de quatre enfants, il a depuis son plus jeune âge baigné dans l’univers musical. Son attrait pour la musique, il le tient essentiellement de sa mère et de son oncle, le grand Gabilou. Plusieurs années plus tard, il devient producteur, auteur, compositeur et interprète. Aussi, les titres suivants ne vous sont probablement pas inconnus si vous avez un jour mis les pieds en Polynésie : Tapa’o no te here (2001), Noël Noël (2001), Je te promets (2008) ou encore Close your eyes Tahiti (2018), qu’il a chanté en duo avec sa sœur Grace.

 

 

 

Née en 1978 à Papeete, Sabrina Laughlin fait ses débuts dans l’ombre de son frère Tapu, alors que ce dernier est déjà connu du grand public. Elle se lance dans l’écriture à l’âge de dix-sept ans et rencontre un franc succès assez rapidement. Sa renommée, elle la doit en partie à son frère qui lui a transmis ses connaissances en la matière et lui a communiqué sa passion. Aussi, elle a su s’installer sur le devant de la scène polynésienne et certains de ses morceaux font désormais partie intégrante du répertoire local, à l’instar de Ta musique est douce (2012), Terehe (2014), T21 (2014) ou encore Tu’e Popo (2013) – musique officielle de la Fifa Beach Soccer World Cup Tahiti 2013.

 

 

 

 

Et parce que le diction « Jamais deux sans trois » n’aura jamais été mieux représenté, parlons à présent de Grace Laughlin. Auteur, compositeur et interprète, la benjamine a encore de belles années devant elle. Contrairement à ses ainés, elle se lancera un peu plus tard dans la musique et attendra 2016 pour sortir son premier single « Tupa’i Tupa’i » en 2016.

 

La nouvelle génération

Eto, star de demain !

A seulement 28 ans, Eto TEISSIER est professeur d’éco gestion dans un lycée de Tahiti lorsqu’il se découvre une deuxième vocation, la chanson. Issu d’un milieu artistique, la musique coule dans ses veines. Ayant grandi au sein d’une famille typiquement tahitienne, il puise son inspiration dans son enfance et crée son propre style musical sur fond de guitare, de basse, slide et ukulele. Aujourd’hui auteur, compositeur et interprète, Eto sort petit à petit de l’ombre et se fait connaître en Polynésie et même jusqu’en métropole. Il s’inscrit au Festival Guitare à deux reprises et en sort vainqueur à chaque fois. Il se fait remarquer par la chaîne M6 et participe au télécrochet « La Nouvelle Star » avec une reprise de « Rossignol de mes Amours » de Luis Mariano et parvient même à séduire le jury avec son titre phare « To ‘oe parataito » (Ton paradis).  Il revient au fenua la tête pleine de souvenirs, heureux d’avoir eu le privilège de représenter sa tendre Polynésie. Si vous souhaitez découvrir son répertoire, on vous conseille de commencer par les titres To ‘oe Parataito (2017) et Natura (2017).

 

Verua, le groupe en vogue

Âgé de 34 ans, Teha KAIMUKO, est le leader du groupe montant Verua. Issu d’une famille marquisienne et benjamin d’une fratrie de quatre enfants, Teha a toujours aimé la musique. Très jeune, il participe à de petits concours sans grand succès. Déçu de ces échecs, il laisse tomber la musique et se réfugie dans le sport. Véritable autodidacte, il se découvre une passion pour le métal et apprend de lui-même à jouer de la guitare avec ses copains. Il s’exerce au cours de bringues, simplement en observant les membres de sa famille jouer. Il travaille dans une boutique spécialisée dans les instruments à corde depuis douze ans maintenant et décide de se lancer sérieusement dans la musique en 2008. Très vite, il réussit à monter un groupe composé de cinq memebres (pianiste, batteur, guitare solo et guitare basse) avec des amis de longue date. Sur scène, le groupe Verua propose essentiellement des covers et allie divers styles musicaux, allant du style pop/rock au local en passant par le reggae. Afin de satisfaire un large public, ils n’hésitent pas à chanter en tahitien, en français, en paumotu, en marquisien, en anglais ou même en espagnol. Toutefois, leurs compositions rencontrent également un franc succès, à l’instar de Honoipo (2016) et de Te Matagi (2017).

 

 

Bien évidemment, il nous est impossible de citer tous les talents de Polynésie ; nous tenions néanmoins à décerner des mentions honorables pour ces artistes incontestables, tels Gabilou, Barthélémy (aujourd’hui décédé), Laurent Degache, Teiva LC ou encore le groupe Marua’o qui représentent notre Fenua.