La Maoa, petit coquillage du récif

Issu de la famille des Turbinidae, le turbo marmoratus, dit turbo vert ou burgau pour les intimes, est un petit coquillage de 2 à 5 cm en moyenne, que l’on a pour coutume de croiser sur les récifs de Polynésie.

Bien protégé du monde extérieur grâce à son opercule, celui que l’on surnomme « maoa » en tahitien, se recroqueville dans sa coquille. Pour la petite histoire, le turbo atteint sa maturité sexuelle à l’âge de 3 ou 4 ans et le diamètre de sa coquille augmente de 2 ou 3 cm chaque année.

Bien connus des locaux pour son aspect charnu, il se ramasse le long des « hoa », sur la barrière de récif, à la limite entre le lagon et le grand bleu.

Aussi, si vous désirez les attraper, il vous suffit de vous munir d’un peu de patience, d’une bonne paire de « savates », d’un couteau et d’un peu de citron (parce que la récolte est toujours meilleure dégustée sur place…).

Profitez-en pour vous rincer les doigts et pourquoi pas piquer une tête au sein des vasques naturelles du récif.

 

L’arrivée du burgau en Polynésie : Quand le turbo devient maoa…

S’il est aujourd’hui très apprécié des locaux, le maoa n’a de tahitien que le nom. Introduit en 1967 du Vanuatu, il s’est rapidement accoutumé aux eaux po

lynésiennes ap

rès son dur périple.

D’abord transférés à Tautira, ils ont été déplacés vers Papara en 1976 pour assurer une meilleure reproduction et c’est en 1980 qu’ils ont été envoyés dans les îles pour la première fois.

Très prisée, sa coquille fait l’objet d’un commerce illégal, c’est pourquoi sa pêche est désormais réglementée. Si l’on peut récupérer sa chair, sa coquille, elle, doit être rejetée à l’eau.

 


Le maoa dans l’artisanat :

Si sa coquille est tellement recherchée, c’est parce que la fine épaisseur de calcaire qui la recouvre dissimule en fait une couche de nacre particulièrement appréciée des artisans. Ces derniers polissent le coquillage afin de le magnifier et d’exploiter tout son potentiel. Les jolis reflets de la nacre viennent ensuite agrémenter des parures de bijoux ou orner des costumes folkloriques.

 

 

Economie et jeux d’enfants :

S’il est aujourd’hui réputé pour sa chair, ce petit coquillage s’est vu attribué d’autres qualités par le passé. Le petit opercule blanc qui lui sert de protection servait notamment de monnaie dans les îles, on l’appelait d’ailleurs « moni maoa », la monnaie coquillage en somme.

Et par la suite, les enfants s’empressaient de les récolter sur les bancs de sable ou à même le récif afin de les collectionner et de jouer avec, à l’instar des billes.